P Bruckner dans le jdd : "L'écologie, idéologie de la fin du monde"

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P Bruckner dans le jdd : "L'écologie, idéologie de la fin du monde"

Message  yvesT75 le Dim 2 Oct - 14:21


Il remonte les courses au troisième étage sans ascenseur, entre Marais et République. Sa fille Anna (15 ans) lui fait remarquer qu’il a oublié le lait. Puis elle se met à sa leçon de piano pendant qu’il explique son dernier combat. À (presque) 62 ans, récent grand-père, Pascal Bruckner dégaine contre sa nouvelle cible : l’écologie. "C’est l’idéologie dominante de nos sociétés occidentales. On nous culpabilise sur un futur effrayant. C’est l’effet Philippulus, le personnage de L’Étoile mystérieuse dans Tintin, incarnation des prophètes de malheur : 'La fin du monde est proche, repentez-vous'." Le tintinophile s’enflamme. "Nous sommes passés d’une écologie de la raison à une écologie de divagations. Je dénonce un mouvement contre le progrès, la défense de toute forme de vie au détriment de l’humanité." Après les tiers-mondistes, la culpabilité et les repentances multiples de l’homme occidental, le voilà parti à l’assaut de la forteresse verte dans Le Fanatisme de l’apocalypse qui paraît la semaine prochaine (Grasset).

Anti-écolo, Bruckner?
J’ai voté "vert" pendant vingt ans. C’est une cause utile et légitime. Mais elle prend un mauvais chemin. Elle n’engage aucune politique d’ensemble. Le mouvement des Verts est frappé d’apathie. Son discours n’est ni crédible ni entraînant. Mais elle envahit le débat d’idées. Avec des propositions qui constituent des régressions. Je suis donc allé aux sources idéologiques pour comprendre sa version la plus irrationnelle. Nous classons habituellement l’écologie à gauche mais elle puise ses racines très à droite. Pour moi José Bové est un maurassien d’extrême gauche.

Mais la pénétration des idées "vertes", c’est plutôt une bonne chose?
Évidemment. Depuis le premier choc pétrolier en 1973, nous savons que nous ne devons plus gaspiller. Je n’ai pas de voiture, j’ai diminué ma consommation d’électricité et de téléphone. Comme le disait déjà ma grand-mère, il faut mettre un pull l’hiver plutôt que de monter le chauffage dans les maisons. Très bien. Mais franchement, est-ce que cela va changer les grands équilibres naturels? Surtout s’il nous reste cinquante ans à vivre comme on nous l’assène! L’écologie s’enracine sur un sentiment d’angoisse et fleurit avec un vent de panique. Idéologie de la fin d’un monde, elle est devenue l’idéologie de la fin du monde.

Le Bruckner hédoniste n’aime pas qu’on lui impose l’abstinence?
L’écologie confond la sagesse des limites avec l’imposition d’une nouvelle abstinence. Comme chez les bons pères de mon enfance, il nous est demandé d’accomplir des petits gestes pour se repentir. Faire pénitence d’une orgie antérieure. Cela donne bonne conscience. On nous assène des statistiques complètement folles pour faire peur. Et tout cela s’exprime avec un nouveau vocabulaire, J’en ai assez des oxymores de la pensée écolo. Par exemple : l’abondance frugale. C’est une novlangue. Aujourd’hui Orwell boirait de la tisane au thym et du jus d’orties. Les vrais totalitarismes commencent par le langage.

Totalitaire, l’écologie, vous y allez fort?
L’écologie politique veut intervenir dans la vie sociale, des transports aux relations internationales. Plus dangereux, chaque instant de nos vies peut être soumis aux commissaires politiques du carbone. On nous dit : "Vous avez trop joui, la fête est finie." C’est la phrase du philosophe allemand Hans Jonas "la fête industrielle est finie". Après le marxisme et l’ultralibéralisme triomphant, l’écologie est devenue la force d’opposition au productivisme industriel. Elle désigne les nouveaux ennemis. Pour le marxisme, c’étaient les bourgeois. Pour les tiers-mondistes, c’était l’Occident le grand prédateur de l’histoire. Pour l’écologie, l’homme est coupable à cause de l’empreinte continue qu’il appose sur la nature, l’équivalent du péché originel.

Vous parlez même d’une nouvelle religion.
Le marxisme est une hérésie laïque du christianisme, l’écologie est une version laïque d’hérésies chrétiennes. C’est le culte de Gaïa, celui du retour à la terre : une sorte d’animisme post-technologique. Nous nous flagellons à cause de Gaïa et de ses malédictions. La terre devient un sujet. Comme dit Michel Serres, "la terre s’émeut". J’ai entendu un jour un jeune écologiste s’indigner : "On a tellement fait souffrir la terre." Cette vision du monde est reprise par des gens très rationnels. On veut toujours des causalités aux catastrophes naturelles, le réchauffement climatique, l’industrie, les politiques. Le réchauffement climatique, c’est comme le poumon des médecins de Molière. C’est oublier que la nature peut aussi être anti-humaine.

Mais vous ne voyez pas d’avenir politique à l’écologie?
Les écologistes sont tiraillés entre un pole ultra-individualiste et un fonctionnement sectaire avec ses rituels mais sans volonté d’agir sur le réel. Chaque parti devrait avoir son pôle écologiste ce qui permettrait de contribuer à combiner les intérêts industriels avec la préservation de la nature.

Vous défendez des intérêts industriels? Le nucléaire?
Non! Je suis pour les droits de l’individu contre toute dérive totalitaire. Mais dès 2002, j’ai défendu l’État-providence contre la religion marchande (dans Misère de la prospérité). Je ne vais pas défendre le retour à la manufacture industrielle du siècle dernier. Je ne suis pas un inconditionnel du nucléaire. Il faut être vigilant sur la sécurité. Il faut bien sûr développer les énergies alternatives. Mais comment refuser à la fois les gaz de schiste, le nucléaire, le charbon? Sur la catastrophe de Fukushima, nous avons assisté à des réactions disproportionnées. C’est un acte de négligence criminelle. Mais que de commentaires stupides et jubilatoires sur la fin du progrès! Fallait-il prendre des décisions sous le coup de l’émotion, comme en Allemagne, sans avoir les moyens des énergies de substitution? Aujourd’hui, nous assistons à une sorte de déception collective à constater que cet événement n’a pas été la catastrophe finale annoncée. Le discours catastrophiste ressemble à un désir de catastrophe.

Vous pourfendez la culpabilité de l’Occident…
Oui, parce que notre culpabilité nous empêche de voir le monde se transformer. Le grand événement de ces vingt dernières années, c’est l’explosion de la Chine, de l’Inde, du Brésil et même de l’Afrique. L’écologie est aussi la complainte d’un Occident battu à plate couture par ses anciennes colonies. Nous avons eu vis-à-vis d’eux une vision condescendante. Le misérabilisme était l’avatar du colonialisme. Leur émergence est angoissante. Mais j’ai confiance dans la capacité de l’être humain à triompher de l’adversité.
http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Pour-Pascal-Bruckner-l-ecologie-est-l-ideologie-de-la-fin-du-monde-interview-399185/?from=headlines

Le problème avec ce genre de discours (pris aussi récemment par E Badinter), est que clairement ils n'ont pas conscience, ou pas pris conscience, tout simplement des chiffres associés, mais comme aussi pas mal d'écolos il est vrai...

Et sans compter que parler de "fin du monde" est aller vite besogne, ou ajouter de la grandiloquence là où il n'y en avait pas forcément, fin d'"un monde" ou d'une civilisation tout au plus ...

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Re: P Bruckner dans le jdd : "L'écologie, idéologie de la fin du monde"

Message  nemo111 le Dim 2 Oct - 17:37

Bové maurassien? Laughing Elle est bien bonne celle là. Enfin c'est un classique, si une idéologie remet en cause le système elle est diabolisé. En plus il raconte des conneries je vois pas ce que le "culte de Gaïa" a de spécifiquement chrétien, ou cette histoire "le péché originel" de l'empreinte écologique qui n'est que trop actuel. Bref de la soupe pour combattre une remise en cause de la société industrielle.

nemo111

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Re: P Bruckner dans le jdd : "L'écologie, idéologie de la fin du monde"

Message  yvesT75 le Lun 3 Oct - 7:56

Oui, d'une certaine manière ça donne l'impression qu'il connait quelques boutons à activer, et s'en sert un peu n'importe comment, en fait on sent plus une "nostalgie" du rôle de l'intello sixties et post sixties "sémioticiens" et autres qu'autre chose.

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