Les Esclaves Energétiques Jean François Mouhot

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Les Esclaves Energétiques Jean François Mouhot

Message  sylviane 84 le Lun 22 Avr - 16:54

Se fondant sur l’approche morale de la pratique de de l’abolition de l’esclavage et la notion d’équivalent esclave de Jancovici et Grandjean, J-F Mouhot relève en préambule quelques « intrigantes similitudes » entre l’utilisation directe de la force humaine dans les sociétés anciennes et l’addiction au pétrole de nos sociétés actuelles.
Ces similitudes concernent par exemple la souffrance directe infligées aux esclaves au nom du droit d’en posséder et celle, indirecte, des peuples éloignés confrontés au changement climatique causé par le CO2, au nom du droit d’user et d’abuser du confort que procure l’abondance de l’énergie.

La morale est également en question, qui condamne aujourd’hui un esclavagisme jadis considéré comme « normal », tout en considérant comme « normale » l’utilisation par une partie du monde de formes d’énergies qui pénalisent gravement l’autre partie.

La dépendance aux énergies de nos sociétés suscite paradoxalement une baisse des préoccupations environnementales dans le public, alors même que le problème s’aggrave. Ceci s’explique par la résistance au changement : « Il est difficile qu’un homme comprenne quelque chose si son salaire dépend de ce qu’il ne le comprenne pas » ( Upton Sinclair), la complexité de la discipline : « Il faut sortir le changement climatique des nuages dans lesquels il se trouve, le faire redescendre sur terre et montrer en quoi il importe dans la vie quotidienne des gens » (Vice-Président de Nature Conservancy).

La question est de mettre en lumière la relation d’influence mutuelle entre esclavage et révolution industrielle, particulièrement dans le cas de l’Angleterre, premier pays s’industrialiser.
La production a été d’abord stimulée, en Angleterre par l’économie de l’esclavage (esclaves eux même, biens d’échange, matériel de détention, biens destinés au marché…), les échanges marchands entre l’Angleterre et ses colonies (bois et produits manufacturés) et financée par l’économie de plantation, en consommation croissante en Angleterre (coton, sucre café, cacao…).

La révolution industrielle a participé à son tour à l’abolition de l’esclavage. La disparition de l’esclavage a coïncidé dans de nombreux pays avec l’apparition de la machine à vapeur. La machine n’a pas été perçue dans un premier temps comme pouvant directement remplacer l’esclave, mais a amené progressivement un changement de mode de vie permettant la réflexion et l’évolution sociale.
Le progrès technologique a changé la perception du travail, considéré de façon plus positive, et diminué le besoin de posséder des esclaves.
Les mouvements anti-esclavagistes se sont développés, à la fin du XVIIIème siècle, en même temps que l’efficacité énergétique des machines, sur la base de leur rendement largement supérieur au travail humain. La connexion, inconsciente à cette époque, entre machine et esclave apparait clairement dans les textes et les discours au milieu du XIXème.

La seconde partie est consacrée à des faits plus contemporains concernant les implications de l’utilisation du pétrole (changement climatique) qui sont plus familières et naturellement incitatives aux modifications des comportements. Sans quoi les générations futures pourraient bien « nous maudire pour les dégâts irréparables que nous avons fait subir à la planète. Sans aucun doute diront-t-ils, c’était là un peuple de barbares. »

Passionnant !



sylviane 84

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